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Bilan 2005 et voeux 2006

  • Publié le 29 décembre 2005
SLC
  • Changement climatique
  • Gaz à effet de serre
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  • Climat
  • Science et technologie
  • Combustibles fossiles

 

Hervé Nifenecker, Secrétaire général du collectif Sauvons le Climat

 

Communiqué de presse : Un bilan en demi-teinte


En ce qui concerne la limitation des émissions de gaz à effet de serre, l'année 2005 s’est terminée par le demi-succès ou le demi-échec de la conférence de Montréal, selon que l'on considère le verre à moitié plein ou à moitié vide. Les discussions sur l'après Kyoto pourront se tenir. Mais, pendant ce temps les émissions de gaz à effet de serre continueront à croître.


On peut espérer que l'Europe respectera globalement ses objectifs de Kyoto mais il n'y a pas là matière à pavoiser puisque cette « performance » n'est rendue possible que grâce à l'adhésion des dix pays de l'Europe de l'Est dont les consommations comme celle de la Russie ont fortement diminué du fait de l'effondrement du communisme. De même, l'Allemagne devrait respecter ses objectifs grâce à l'intégration de l'Allemagne de l'Est. L'Angleterre fera sans doute mieux que ses objectifs. Cette bonne performance est due à sa désindustrialisation ainsi qu'au remplacement du charbon par le gaz dont l'Angleterre est grande productrice ; mais, au-delà de 2010, ces effets d'aubaine auront pratiquement disparu. Grâce à la mise en oeuvre du système de permis d'émission et à celle du plan climat, la France devrait, elle aussi, être près d'atteindre son objectif. Selon l'Agence Européenne de l'Environnement, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande auront des déficits considérables de 33, 26 et 16% respectivement qu'on peut attribuer au développement rapide de ces pays. La grande surprise vient du Danemark qui s'était bravement engagé à réduire ses émissions de 21% mais devrait les augmenter de 16 %, soit un déficit par rapport au but fixé de 37%. Cet échec est d'autant plus frappant et préoccupant que le Danemark a, plus que d'autres, recherché la diminution de son intensité énergétique, le développement de l'énergie éolienne et celui de la cogénération. Mais il n'a pas pu diminuer massivement son emploi du charbon pour sa production d'électricité. Il s’est lancé, comme l'Espagne, dans une politique d'achat de droits à émission aux pays de l'Europe de l'Est. Le Danemark et l'Allemagne continuent à émettre 50% plus de gaz carbonique par tête que la France ou la Suède.



Au cours de l'année 2005 les limites du développement de l'éolien, liées à son intermittence, ont commencé à apparaître clairement au Danemark et en Allemagne. On ne trouve plus guère d’analystes sérieux pour croire que l'objectif de 21% d'électricité renouvelable en Europe puisse être atteint dans les délais.



« Sauvons le Climat » a participé activement aux deux débats nationaux sur le nucléaire et ne peut que regretter que GreenPeace et Sortir du Nucléaire aient choisi de ne pas participer véritablement aux débats. Ces organisations ne sont-elles capables que d'alimenter les peurs et de répéter les gammes du négativisme? D'une façon générale, ceux qui font leur priorité de la lutte contre le nucléaire civil portent déjà et porteront une lourde responsabilité pour avoir, avec un certain succès, ralenti le développement européen et mondial de la principale source d'électricité non émettrice de gaz carbonique. « Sauvons le Climat », pour sa part, attend des débats publics une prise de conscience accrue des enjeux : d'une part la nécessité, pour lutter efficacement contre l'effet de serre, de faire appel à toutes les voies possibles, sans exclusive ; d'autre part, la possibilité de mettre en oeuvre des solutions pour la gestion des déchets ultimes provenant de l'industrie nucléaire.



En France, si l'attention a été surtout fixée sur le nucléaire et l'éolien, on constate que les projets de remise en fonctionnement ou de construction de centrales thermiques à flamme se multiplient, qu'ils soient le fait d'EDF, de GDP, de POWEO ou de SUEZ. Sauvons le Climat regrette que cette évolution puisse se faire sans débat comme si l'augmentation des émissions de gaz carbonique dans le secteur de la production électrique était une nécessité indiscutable.



En cette fin d'année, «Sauvons le Climat » souhaite que les organisations comme France-Nature-Environnement, WWF ou les « Amis de la terre » qui défendent effectivement l'écologie, c'est à dire l'équilibre de la biosphère et la biodiversité, prennent conscience, à l?image de J.Lovelock, fondateur de Gaïa, de Patrick Moore, un des fondateurs de Greenpeace, et de l'évêque Hugh Montefiore démissionaire des Amis de la Terre, que les dangers du réchauffement climatique sont de loin les dangers les plus grands auxquels l'humanité doit faire face, au cours de ce siècle, dans le domaine de l'énergie. Lorsque la lutte contre le changement climatique sera devenue la priorité absolue des écologistes de bonne volonté l'espoir sera permis.



Le collectif  "Sauvons le climat", fondé en mai 2004, a pour ambition d'informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d'un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d'experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes.



« Sauvons le Climat » vous présente ses meilleurs voeux pour 2006

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