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A propos des 5 minutes de répit pour la planète

  • Publié le 20 janvier 2007
SLC
  • Changement climatique
  • Gaz à effet de serre
  • Climat
  • Science et technologie


Communiqué de presse : Une initiative sympathique mais irréfléchie

L'"Alliance pour la planète", qui regroupe un grand nombre d'associations de défense de l'environnement, appelle à éteindre nos lumières le 1er février de 19 h 55 à 20 h. "Sauvons le Climat" n'a pas été invité à se joindre à cet appel, probablement parce que ses positions concernant le nucléaire ne sont pas politiquement correctes aux yeux des membres de l'Alliance. Cet ostracisme ne nous a pas empêchés de nous poser la question de savoir si nous devions soutenir une action dont les objectifs sont sympathiques et rejoignent les nôtres pour ce qui concerne le réchauffement climatique. Malgré un a priori favorable nous sommes venus à la conclusion de ne pas le faire, pour des raisons de fond et de mise en œuvre pratique.

Tout d'abord, dans la situation française où 95 % de notre électricité est produite sans émission de gaz à effet de serre (nucléaire, hydroélectricité, éolien), diminuer notre consommation électrique n'a qu'un très faible impact sur les émissions de gaz carbonique. Il nous semble que les messages au public concernant les politiques à suivre pour réduire ces émissions doivent être clairs et sans ambiguité. Trop souvent les messages publicitaires des entreprises et institutions, ADEME et GDF par exemple, ont entretenu la confusion dans ce domaine. En France l'effort est à porter en priorité sur le chauffage (au gaz et au fioul) et sur les transports, certainement pas sur l'électricité.

La plupart des organisations qui participent à l'Alliance sont multinationales. On comprendrait mieux leurs motivations si la campagne du 1er février s'effectuait dans un cadre international, au moins européen. Ceci est d'autant plus vrai que de nombreux pays européens comme l'Allemagne, le Danemark, l'Italie etc. produisent la plus grande partie de leur électricité à l'aide de centrales à charbon ou à gaz, fortement émettrices de CO2. A notre connaissance la campagne du 1er février n'est pas internationale, elle est spécifiquement française, alors que notre pays, répétons-le, bénéficie d'une électricité presque "libre de CO2". L'appel de l'Alliance cacherait-il une arrière pensée qui n'a rien à voir avec le réchauffement climatique?

On peut, certes, considérer que, pour l'Alliance, il s'agit seulement d'organiser une sorte de referendum visant à démontrer à quel point les Français sont sensibilisés à la question climatique (ce dont, en réalité, personne ne doute comme en témoigne la popularité de Nicolas Hulot). Encore faut-il être sûr que l’action proposée ne peut pas avoir de conséquences fâcheuses.

Si le mot d'ordre de l'Alliance est massivement suivi, à 19 h 55 la consommation d'électricité pourrait baisser brutalement de 10 à 20 %. Cette baisse de consommation conduira à une surproduction traduite par une augmentation de la fréquence du réseau puis à la déconnection d'un certain nombre d'installations de production jusqu'à rééquilibrage de la production au niveau de la consommation. Cette première phase de baisse de la consommation et de la production ne devrait pas être dangereuse. Il n'en n'est pas de même pour la deuxième phase pendant laquelle la demande croîtra brutalement de 10 à 20 % à 20 h. La production de trouvera alors insuffisante et la situation sera proche de celle que nous avons connue lors de la grande panne du 4 novembre, avec la possibilité d'un déficit de production encore plus grand qu'alors. Or s'il est assez facile de diminuer rapidement la production, il est beaucoup plus difficile de l'augmenter au même rythme. Les centrales nucléaires ne peuvent répondre aussi vite qu'il serait nécessaire. Les barrages et les turbines à gaz peuvent le faire. Avant la coupure il faudra donc mettre en fonction le plus grand nombre possible de barrages et de turbines à gaz. Pour ce qui concerne ces dernières elles produisent du CO2. Il s'ensuit que si EDF veut assurer la sécurité de l'opération "extinction" il faudra qu'elle augmente ses émissions! Difficile de prétendre ensuite qu'on lutte contre l'effet de serre.

Certes, EDF est prévenue de l'opération d'extinction des feux. Mais personne ne peut prédire l'ampleur de la baisse de consommation. EDF peut-elle garantir que tout se passera bien? Et si des coupures se produisent et provoquent des dommages qui sera tenu responsable? EDF ou l'Alliance?

En absence d'une garantie claire d'EDF, "Sauvons le Climat" considère qu'il serait irresponsable de sa part de soutenir le mot d'ordre d'extinction des feux donné par l'Alliance.


Le collectif «Sauvons le climat» fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes.

La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site www.sauvonsleclimat.org

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