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Climat-énergie ​: que nous promettent les candidats à la présidentielle ?

  • Publié le 13 mars 2017
SLC
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Sauvons le climat a contacté dès l'été dernier les premiers candidats déclarés à l'élection présidentielle 2017 pour connaître leurs propositions dans les domaines climat et énergie qui nous préoccupent. Certains nous ont répondu directement. D'autres, déclarés bien plus tard, traitent ces domaines dans leurs programmes maintenant disponibles.

 

Nous avons fait pour vous la collecte des éléments exprimés et nous vous les présentons dans cette note.

Nous vous laissons faire votre propre analyse. Nous sommes restés totalement neutres à ce stade.

Mais dans une prochaine note, nous vous aiderons à évaluer la pertinence des objectifs affichés et celle des mesures envisagées ou clairement promises...

Le 6 mars 2017

Comparaison des programmes énergie-climat

des candidats à l’élection présidentielle.

Jean-Luc MELENCHON :

Il a répondu par écrit à la sollicitation de Sauvons le climat.

« [Les énergies carbonées]sont aujourd’hui responsables en grande partie du réchauffement climatique qui met en péril la survie de notre écosystème. Il est donc urgent d’agir et d’accompagner la sortie [de ces énergies]. »

JLM énonce d’abord un grand plan de réduction des consommations énergétiques : plan de rénovation des logements et bâtiments publics (avec aides fonction des ressources), maintien des contraintes de construction neuve, orientation du système de production vers l’efficacité énergétique, lutte contre l’obsolescence programmée des produits, ..

JLM propose « d’investir dans les énergies renouvelables, ainsi que dans un réseau de géothermie profonde, qui doivent progressivement remplacer l’ensemble des autres énergies actuellement utilisées, y compris le nucléaire. Le projet de la France insoumise a pour objectif la sortie du nucléaire, par un plan sur plusieurs décennies (40 à 50 ans), inspiré du scénario Negawatt. Ce plan n’est viable qu’à partir du moment où d’autres énergies sont disponibles à des prix équivalents mais il est tout aussi essentiel que la sortie des énergies [carbonées] ». Il fermera définitivement Fessenheim, arrêtera les chantiers EPR et le projet CIGEO.

Le programme prévoit également la nationalisation de Total, EDF, GDF et AREVA «pour un contrôle 100 % public des stratégies de ces entreprises. »

Enfin, il préconise de « se mobiliser, à l’échelle internationale et par la voie de la diplomatie française pour que l’ONU se saisisse du sujet, afin d’en finir avec les accords gadgets inopérants du type de celui de la COP 21 et réellement entrer dans des démarches contraignantes pour les Etats. »

 

François FILLON :

Son équipe a reçu des membres de Sauvons le climat et écouté nos propositions[1].

FF prévoit de remplacer le principe de précaution par un principe de responsabilité, « préférant le pragmatisme à l’idéologie et voulant concilier écologie et économie ». Il considère que « le nucléaire est source d’importantes avancées dans la réduction des émissions de GES et de souveraineté énergétique de la France ». Il veut revenir sur le principe de réduction du nucléaire mis en œuvre par la LTE et annulera le décret de fermeture de Fessenheim s’il est pris avant les élections. Il vise la prolongation de la durée de vie des centrales à 60ans, le développement de la recherche sur la 4ème génération, les SMR et la capture et le stockage du CO2.

Concernant les énergies renouvelables, il souhaite développer une filière industrielle confrontée au marché, donc sans les subventions actuelles. Il propose de développer les énergies renouvelables thermiques, les biocarburants.

Il propose que la taxe carbone finance le développement des énergies renouvelables et la réduction de l’usage des combustibles fossiles et qu’un prix plancher de 30€/tCO2 soit fixé en accord avec les partenaires européens. Il considère « qu’il est impératif d’évoluer dans un marché [européen] avec des règles et des normes communes, d’abord parce que nous sommes dépendants les uns des autres en matière d’environnement, ensuite parce que durcir unilatéralement les normes revient à pénaliser nos propres entreprises produisant sur le territoire national. Plus forts sur un grand marché plus large, en coordonnant l’action des Etats membres et en unissant nos efforts, nous pèserons plus lourd sur la scène mondiale et dans les grandes négociations internationales. »

FF propose une politique de la ville moins émettrice de GES, notamment par le développement des transports urbains et d’un réseau de recharge des véhicules électriques. Il prône également un « habitat durable » moins consommateur d’énergie et émetteur de GES, en incitant grâce au crédit d’impôts, au prêt à taux zéro et à l’accompagnement de l’artisanat. Il propose de « faire des déchets des ressources » grâce à un certain nombre de mesures précises (TVA réduite pour les produits à base de matières recyclées à plus de 50%, augmentation du prix de la mise en décharge, ..)

 

Emmanuel MACRON :

EM n’a pas répondu à notre sollicitation. Mais le volet « Environnement/Transition écologique » de son programme[2] fixe un certain nombre d’objectifs et de dispositions.

La transition écologique est définie en référence aux changements climatiques et à la pollution ambiante et à ses effets sanitaires. La politique énergétique suivra une priorité : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Sur 50 milliards d’investissements publics que nous prévoyons, 15 milliards seront consacrés à la transition énergétique et écologique. »

Les centrales à charbon seront fermées dans les cinq ans. EM prévoit d’accélérer le développement des énergies renouvelables « sources d’activités économiques, d’emplois, d’amélioration du pouvoir d’achat et d’indépendance nationale.  D’ici à 2022, nous avons pour objectif de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque ». EM favorisera le raccourcissement et la simplification des procédures d’installation des renouvelables, ainsi que la R&D sur le stockage de l’énergie et les réseaux intelligents.

Il veut réduire « notre dépendance à l'énergie nucléaire, avec l'objectif de 50% d'énergie nucléaire à l'horizon 2025 » :

  • « Parce que nous savons aujourd’hui ne pas disposer de tous les éléments de connaissance nécessaires, nous prendrons nos décisions stratégiques une fois que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) aura rendu ses conclusions, attendues pour 2018, sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans.
  • La fermeture de la centrale de Fessenheim sera confirmée. Elle interviendra au moment de la mise en service de l'EPR de Flamanville.
  • Les moyens de l'ASN seront consolidés. »

EM assume « une hausse de la fiscalité écologique, avec la convergence de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence et la montée en charge de la composante carbone, de l’ordre de 12,5 milliards d’euros. C'est nécessaire pour inciter à l'effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous intégrerons le coût écologique dans le prix du carbone, en faisant monter en puissance la taxe carbone pour atteindre 100 €/tCO2 en 2030. »

EM prévoit un plan de rénovation des bâtiments publics et d’incitation à l’isolation des logements (par une aide d’Etat lors du lancement des travaux et non par un crédit d’impôts l’année suivante). De même il fixe un objectif de développement de la mobilité individuelle propre et en précise quelques modalités (bonus-malus maintenu, prime de 1000€ si remplacement par un véhicule plus propre, réseau de recharge électrique étendu ,…).

 

Benoit HAMON :

Compte tenu de la date des primaires, SLC ne l’a pas sollicité. Mais son programme est disponible sur internet[3].

BH lancera une grande conférence nationale Ecologie-Prévention-Santé. Il annonce un plan d’investissements dans la rénovation énergétique, en priorité vers les logements sociaux et les ménages précaires. Il fixe un objectif de 50% d’énergies renouvelables en 2025 et « créera une aide pour permettre aux citoyens de s’équiper en matériel de production d’énergie renouvelable domestique ». Il veut « sortir du diésel en 2025 ».

« Je construirai et proposerai un plan d’investissement de 1000 milliards centré sur la transition écologique et à destination prioritaire des zones de l’Europe les plus défavorisés. Il nous appartient de reconstruire la légitimité de l’Union Européenne sur cette thématique fondamentale pour l’avenir des peuples via une contribution ambitieuse des Etats, le fléchage des financements privés vers les investissements verts grâce à des mécanismes incitatifs et la suppression de toutes les subventions aux énergies fossiles ». Il instaurera par ailleurs une TVA différenciée pour les produits à faible empreinte carbone afin de les rendre plus attractifs.

Il annonce que « l’Etat poussera EDF à renforcer ses recherches sur la production et le stockage d’énergies renouvelables. Plutôt que de privilégier le nucléaire, EDF accompagnera la décentralisation de la production d’énergies vertes ». Lors de son rapprochement avec Yannick Jadot, il a déclaré que la fermeture de Fessenheim « et des centrales en bout de course » serait confirmée. Il vise un mix 100% renouvelable vers 2050.

Son programme comprend par ailleurs un ensemble de mesures pour favoriser les projets bio ou agro-écologiques, les circuits courts, le recyclage des déchets (50% en 2022), …

 

Marine LE PEN :

MLP n’a pas répondu à la sollicitation de Sauvons le climat. Ses principales propositions concernant le climat et l’énergie figurent dans une vidéo disponible en ligne[4].

MLP y rappelle le faible taux français d’émissions de CO2 grâce au nucléaire et « souhaite aller plus loin ». Elle réaffirme que le « nucléaire contribue à l’indépendance énergétique de la nation », que c’est une « source d’énergie électrique moins polluante et plus sûre », et que le personnel d’EDF y fait preuve de professionnalisme et d’engagement pour assurer la sécurité. Elle critique la désorganisation du marché de l’électricité, la pression de la rentabilité à court terme, conséquence de la politique européenne basée sur une concurrence néfaste pour les prix de l’électricité et la sécurité des centrales. Pour elle « le nucléaire est donc un atout qu’il faut conserver en prolongeant l’exploitation des centrales en toute sûreté ». Elle prône le retour à un EDF 100% public et condamne la privatisation des barrages engagée sous la pression de Bruxelles. Elle veut inscrire ces mesures dans une stratégie nationale de long terme, et souhaite faire bénéficier durablement les ménages et les entreprises d’une électricité peu chère sans combustibles fossiles.

 

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