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Rapport Poignant Sido : Fin des travaux de la DGEC sur la maitrise des pointes électriques

  • Publié le 9 avril 2010
SLC
  • Electricité
  • Nucléaire

 

Rapport Poignant Sido : Fin des travaux de la DGEC sur la maitrise des pointes électriques

 

Jeudi 1er avril, une grande réunion a clôturé les travaux du groupe de travail sur la maitrise des pointes de consommation électrique organisée dans le cadre de la DGEC par le député Poignant et le sénateur Sido.

Sauvons le climat a activement participé à l'ensemble des ateliers et reconnait qu'un grand nombre de propositions constructives ont été reprises dans le rapport final. Il apparait cependant que ce rapport risque de n'être qu'un catalogue de propositions sans hiérarchisation, bon nombre de notions fondamentales n'ayant pas été posées en préalable.

Nous voudrions à cet effet rappeler que :

1) Si un signal prix doit permettre aux consommateurs de moduler leur consommation électrique en fonction des besoins des producteurs et du réseau, il ne doit pas constituer une pénalité. Il doit être conçu comme une opportunité permettant de faire des économies en même temps qu'un geste citoyen. De façon plus générale, il faut cesser de conjuguer l'écologie sur un mode négatif, punitif ou il n'est question que de taxes, de pollution et décroissance ! Une sélection basée sur les performances économiques comparée des solutions proposées est indispensable avant tout lancement de déploiements industriels de grande ampleur

2) Un second critère essentiel de choix des solutions proposées est la conséquence de leur application en termes de taux d'émission de gaz à effet de serre : elles doivent contribuer à une diminution des rejets de CO2. L'objectif défendu par l'ADEME et certaines associations (généralement anti-nucléaire) d'interdire l'usage du chauffage électrique dans les nouveaux bâtiments et de subventionner l'abandon de celui-ci au bénéfice du chauffage gaz est de ce point de vue une hérésie. C'est oublier que les performances « émissions de CO2 » de la France sont largement dues à son électricité peu carbonée et à l'usage de celle-ci pour le chauffage : le secteur de l'électricité ne contribue que pour 8% aux émissions de CO2 alors qu'il est de 30 à 40% dans de nombreux pays développés.

3) Le chauffage électrique combiné avec les compteurs « intelligents » de type Linky peut, contrairement à ce que d'aucuns cherchent à démontrer, constituer une forme de stockage d'énergie permettant de moduler les pointes de consommation. Ceci est d'autant plus vrai que la règlementation imposée aux bâtiments bénéficiant du chauffage électrique du point de vue isolation est nettement plus sévère et qu'en conséquence leurs occupants ressentiront peu des interruptions de chauffage. On constate aisément sur les courbes présentées par RTE que les amplitudes quotidiennes de variation de la consommation ne sont pas dues au chauffage électrique mais aux autres usages domestiques et professionnels.

4) Les pointes ou les pertes de production que va immanquablement provoquer le recours massif aux énergies renouvelables intermittentes prévues par le Grenelle de l'environnement (éolien en particulier) n'ont pas été prises en compte. Il aura pour effet d'augmenter significativement l'amplitude des écarts entre production et consommation ainsi que la cinétique de variation de ces écarts car les évolutions de la puissance éolienne sont extrêmement rapides. Il en résultera un recours systématique aux turbines à gaz en secours.

5) On voit aisément que la réglementation européenne (« paquet climat ») peut, dans le cas français s'avérer contre-productrice et que sa transposition nécessitera d'autant plus d'attention que les capacités de transfert d'énergie électrique entre les pays membres de l'UE sont et resteront longtemps encore limités.

En conclusion « Sauvons le Climat » tient à faire remarquer que la compétitivité de notre pays, et par voie de conséquence le niveau de vie de ses ressortissants, est significativement lié au coût de l'énergie. Il est donc fondamental que toute décision soit jaugée en fonction de son efficacité économique, de son impact social et du coût du carbone évité. Ces notions nous ont semblé dangereusement absentes du rapport.

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