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Biocarburants et gaz à effet de serre

  • Publié le 15 février 2008
SLC
  • Changement climatique
  • Energie dans les transports
  • Gaz à effet de serre
  • Climat
  • Science et technologie

 

Les modifications d’affectation des sols consécutives à la production de biocarburants peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur les émissions de gaz à effet de serre

Deux études sur ce sujet viennent d’être publiées le 7 février 2008 par la revue américaine Science, sur son site Internet dévolu aux publications urgentes : Science Express (http://www.sciencemag.org/sciencexpress/recent.dtl). « Sauvons Le Climat »  vous donne la traduction en français des résumés de ces publications, les seules accessibles aux non abonnés à Science. Sans reprendre à notre compte l’intégralité des conclusions des chercheurs américains nous pensons qu’ils mettent en évidence un aspect de la production des biocarburants de première génération qui mérite d’être étudié  de manière approfondie avant de s’engager dans un grand programme de production de biocarburants tel que défendu par la Commission Européenne

 

1) Use of U.S. Croplands for Biofuels Increases Greenhouse Gases Through Emissions from Land Use Change

Timothy Searchinger, Ralph Heimlich, R. A. Houghton, Fengxia Dong, Amani Elobeid, Jacinto Fabiosa, Simla Tokgoz, Dermot Hayes, Tun-Hsiang Yu

Jusqu’à présent, toutes les études ont conclu  qu’on allait réduire les émissions  de gaz à effet de serre en remplaçant l’essence par des biocarburants parce que ceux-ci  séquestrent le carbone lors de la croissance du végétal. Ces analyses ont omis de tenir compte des émissions de carbone qui se produisent, à l’échelle mondiale, quand les cultivateurs , stimulés par les augmentations de prix, convertissent forêts et prairies en nouvelles terres agricoles pour y faire pousser les denrées dont la culture a été abandonnée pour la production de biocarburants. A l’aide d’un modèle d’agriculture à l’échelle globale, nous avons estimé les émissions de carbone dues au changement d’affectation des sols, et nous avons trouvé que, loin de procurer un gain de 20% des émissions de gaz à effet de serre, l’éthanol provenant du maïs, conduit quasiment à un doublement de ces émissions sur 30 ans, et à un accroissement des concentrations de gaz à effet de serre sur 167 ans. Les biocarburants obtenus à partir de panicum virgatum (switchgrass, en anglais) qu’on ferait pousser sur des terres à maïs américaines, accroîtraient les émissions de 50%. Ce résultat soulève des inquiétudes au sujet des grands programmes de production de biocarburants et met en relief l’intérêt d’utiliser les déchets comme matière première.

 

2) Land Clearing and the Biofuel Carbon Debt

Joseph Fargione, Jason Hill, David Tilman, Stephen Polasky, Peter Hawthorne

La consommation croissante d’énergie, le changement climatique, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) à partir des combustibles fossiles, font une priorité du passage à des combustibles à faibles émission de carbone. Certes, les biocarburants  sont potentiellement une source d’énergie à faibles émissions , mais leur capacité à générer des économies d’émissions de carbone dépend de la façon dont ils sont produits. Convertir, au Brésil, en Asie du Sud-Est et aux Etats-Unis, des forêts humides, des tourbières des savanes ou des prairies en terres à biocarburants à partir de cultures vivrières, crée une « créance de carbone », en rejetant 17 à 420 fois plus de CO2 que le gain annuel de gaz à effet de serre que procure le remplacement des combustibles fossiles par ces biocarburants.  En revanche, s’ils sont élaborés à partir de déchets biologiques ou à partir de biomasse en culture pérenne sur des terres abandonnées, les biocarburants n’encourent pas de dette et offrent des avantages immédiats et durables en terme de gaz à effet de serre

 

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