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50% de nucléaire: quelles conséquences ?

  • Publié le 4 novembre 2017
SLC

Le 10 juillet dernier, Nicolas Hulot, déclarait : « Pour tenir cet engagement (le passage de 75 à 50 % de la part de l’électricité nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025, tel qu’il figure dans la Loi sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte du 22 juillet 2015), il faudra fermer un certain nombre de réacteurs …peut-être jusqu’à 17 réacteurs » soit environ 16 GW de capacités nucléaires. Et le ministre d’ajouter : « Il faut qu’on regarde ».

Regarder : c’est justement ce qu’a fait notre expert Georges Sapy dans une analyse que l’on trouvera dans son intégralité sur le site  www.sauvonsleClimat.org : Réduire de 75 à 50% la part du nucléaire d’ici 2025 : quelles conséquences pour le pays ?

Cette analyse fait ressortir les risques qu’une politique visant une telle réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique ferait courir tant à la sécurité d’approvisionnement électrique qu’à l’économie de notre pays.

 

Sur le plan de la sécurité d’approvisionnement, notamment lors des périodes de froid hivernal et en l’absence de techniques de stockage qui soient à la mesure du problème et disponibles à un prix raisonnable.

L’attrition du parc thermique à flamme –pour ce qui est du fioul et du charbon - fera perdre 8 GW par rapport à la situation qui prévalait ces derniers hivers (5 GW de centrales à fioul dont il ne reste plus que 0,7 jusqu’en avril 2018, puis 3 GW de centrales à charbon d’ici 2022).

Il faudrait donc construire en urgence quelque 20 GW de moyens de secours pour éviter d’avoir à mettre - 3 à 4 fois dans l’hiver - une partie de la France dans le noir.  Ces moyens de secours devraient alors venir de centrales à gaz, bien qu’elles soient émettrices de CO2. Sauf à se trouver devant la perspective d’avoir à importer massivement de l’électricité d’Allemagne qui, on le sait, dispose d’un parc de centrales au lignite et au charbon nettement plus polluantes.

 

Sur les plans économique et financier.

  • Les subventions payées aux producteurs d’éolien et de PV, dont la part de la CSPE qui lui est consacrée ne représente qu’une partie, perdureront et iront croissant.
  • Des investissements considérables seront nécessaires (de 52 à 63 Milliards € suivant les options de la PPE).
  • En dépit de leur importance, ces investissements ne permettront pas de compenser la réduction de 16 GW de nucléaire : il y manquerait entre 9 et 12 % de production annuelle ; ce qui obérerait la capacité d’exportation du pays.
  • De tels investissements se traduiraient par une électricité très chère, avec un coût de production dépassant les 100 € / MWh, à comparer aux 33 € / MWh d’un nucléaire prolongé.
  • Perte de valeur du parc nucléaire – supposé prolongé, à l’instar de ce qui se fait aux Etats Unis pour la plupart des réacteurs de même génération.
  • Ce à quoi il faut ajouter que la partie « noble » des éoliennes terrestres et du photovoltaïque est importée et que les seuls emplois pérennes créés sur le sol français sont les emplois d’exploitation-maintenance, au demeurant bien moins nombreux que ne l’annoncent leurs promoteurs se basant sur la construction.
  • Enfin, l’arrêt de réacteurs en parfait état de marche, obligera l’Etat français à indemniser EDF. Sur la base des principes agréés pour la fermeture de Fessenheim, un tel arrêt conduirait à une indemnisation immédiate de 4,5 Mds € auxquels il faudrait ajouter une indemnité différée – fonction du prix du marché – qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de Mds € dans les années 2040.

Cette liste est longue mais n’épuise pas le sujet. Manquent notamment les « dépenses fiscales » (ou niches fiscales), c’est-à-dire les avantages (réduction d’impôts, bonification d’intérêt et autres avantages) dont bénéficient les acteurs du système pour réduire leurs impôts.  Un bel exemple nous est donné par les auto-producteurs qui sont exonérés d’impôt sur le revenu qu’ils peuvent tirer de la vente au réseau de leurs surplus de production.  

Conclusion

L’analyse que nous propose Georges Sapy est une première approche de ce qui pourrait être une étude d’impact de la future PPE.

Le consommateur/contribuable n’y a t- il pas un droit d’accès ? Compte tenu des sommes en jeu, ce serait la moindre des choses.

 

Téléchargez l’étude de Georges Sapy (en pdf).

Bravo à Georges Sapy pour cet article.
J'aimerai avoir des précisions sur les puissances garanties en éolien du tableau de la page 8.
Il est indiqué en dessous 20 % pour l’éolien en mer, 10 % pour l’éolien terrestre avec source RTE, mais les calculs du tableau ne correspondent pas.
Je constate à https://www.energy-charts.de/power.htm?source=conventional&week=38&year=2017 qu’en Allemagne, le 22 septembre à 19h30 la production éolienne n’était que de 0,61 GW, soit 1,16 % des 52 GW de puissance installée.
Au même moment en france, à http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique on constate que la production éolienne était de 0.56GW pour une puissance installée de 12.26GW , soit moins de 5% et quelques heures plus tôt le même jour on était à 0.196GW , soit 1.6% !
On semble donc concrètement être loin de 10%. Dans ce cas pourquoi RTE donne t -il ces chiffres?
Cordialement
COMMUNIQUES

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