A propos des gaz de schiste

L’important est de diminuer notre dépendance au gaz naturel :

Il faut modifier la RT 2012

 

Depuis le rapport Gallois, le débat sur l’opportunité de procéder à l’estimation des réserves de gaz contenu dans notre sous-sol fait rage. C’est une spécialité française de discourir à perte de vue sur des potentialités éventuelles tout en détournant les yeux des réalités.

La réalité est que nous importons chaque année 41 milliards de mètres cube de gaz naturel (soit 41 Mtep, et plus de 120 millions de tonnes de CO2 émis).

Or une tonne de gaz consommée produit 3 tonnes de CO2. Commençons donc par réduire notre consommation de gaz en renonçant à son utilisation (et celle du fioul) pour nous chauffer et modifions profondément la RT2012[1] qui a pour effet de remplacer le chauffage électrique par le chauffage au gaz.

La consommation de gaz est fortement encouragée par les producteurs de gaz, bien sûr, mais elle l’est aussi par Greenpeace et les Verts, essentiellement par hostilité dogmatique vis-à- vis de l'électricité pourtant produite dans notre pays avec très peu d'émissions de CO2.

Leur opposition sans nuance à l’exploration des réserves françaises de gaz peut paraître incohérente si l’on ignore que ces mouvements sont favorables à l’importation de gaz comme cela a été clairement reconnu par Yannick Jadot[2] dans une intervention sur France 2[3].

La politique énergétique menée en France depuis plus d’une décennie s’est d’abord caractérisée :

- par des financements timides des économies d’énergie dans l’habitat et le tertiaire, malgré les engagements du Grenelle de l’environnement

- par le freinage de la construction d’unités nucléaires (une seule centrale en construction)

- par un très maigre développement des énergies thermiques renouvelables (solaire thermique, géothermie…)

- par le lancement d’un programme démesuré de production électrique à base d’énergies renouvelables intermittentes, qui augmente le prix de l’électricité et contraint à recourir aux centrales à gaz pour compenser les effets de l’intermittence.

Cette situation va conduire à une augmentation des émissions de CO2 dues au gaz utilisé pour la production d’électricité.

 « Sauvons le Climat » condamne cette politique. Elle conduit de manière quasi inévitable, par des considérations économiques, à envisager l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste en France. Compte tenu des menaces climatiques qui se précisent, l’urgence est d’agir pour diminuer nos émissions de CO2 et donc notre consommation de combustibles fossiles et notamment de gaz. Une priorité consiste à modifier profondément la RT 2012.

En ce qui concerne l’exploration des réserves de gaz de schistes « Sauvons le Climat » ne peut que renouveler les recommandations qu’elle avait faites il y a plus d’une année[4].

 


[1] En effet la RT2012 évalue la consommation énergétique des logements en énergie primaire ce qui défavorise le chauffage électrique au bénéfice du chauffage au gaz émetteur de CO2.(voir notre communiqué La RT2012 à l’épreuve du climat)

[2] Député européen d’Ecologie les Verts, ancien directeur de Greenpeace et fondateur de l’Alliance pour la Planète

[4]Au passage Sauvons le Climat s’étonne que certains partisans de la géothermie profonde, qui nécessite précisément le recours à la fracturation hydraulique, s’opposent à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste au motif qu’elle nécessite d’utiliser cette technologie…

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