La production d'électricité photovoltaïque de la France

La production d'électricité photovoltaïque
de la France

(10 Aout 2014)

 Frédéric Livet

 SIMaP, UMR CNRS 5266, INPG-UJF, BP 75 38402-St Martin d’Hères, France

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Introduction    

                 La puissance nominale des installations photovoltaïques (PV) en France a atteint fin 2013 4.33GW, valeur proche donc de ce qui était inscrit dans "loi Grenelle" (5.4GW en 2020). Après un moratoire rendu nécessaire par l'effet d'aubaine créé par des tarifs trop avantageux[1], on observe autour de 200MW de nouvelles connexions par trimestre. A partir des publications de RTE (gestionnaire du réseau de transport de l'électricité)[2] et des compilations des séries de RTE opérées par Jean-Paul Hulot à partir de eCO2mix[3] telles que stockées sur le site de PF Bach[4], on étudie les caractéristiques de la production électrique PV (photovoltaïque) de la France. D'abord, le facteur de charge s'avère modeste (4.6TWh produits pour 4GW installés sur la moyenne de l'année 2013 soit 13% ou 1150 heures équivalentes pleine puissance). On montre le caractère extrêmement intermittent du PV, que ce soit en fonction des heures de la journée, d'un jour sur l'autre (nébulosité) et en fonction des saisons. On montre qu'il n'y a en aucune manière de "foisonnement" de la production PV, même au niveau de l'Europe. On discute brièvement les ordres de grandeur qui seraient nécessaires et les possibilités présentes de stockage ou d'autoconsommation.

 

Pour résumer les conclusions de cette étude

La production d'électricité PV a connu une rapide baisse des prix, due au développement de cette industrie en Chine et en Allemagne. C'est une industrie mature et on voit mal que de nouvelles baisses des prix interviennent à l'avenir. Pour que son subventionnement en Europe ne devienne plus nécessaire, il faudrait que la production industrielle d'électricité (charbon, gaz, nucléaire) voie son prix doubler ou tripler. Cela ne résoudra pas le problème de son intermittence. Or il convient de penser que, dans l'approche européenne du marché de l'électricité, les productions de diverses sources devraient se retrouver en concurrence, ce qui devrait donner des prix très bas au moment où le soleil brille (ou quand le vent souffle) et obérer lourdement la rentabilité de ces sources d'énergie. Actuellement, l'afflux de production renouvelable que les électriciens sont obligés d'acheter aboutit, quand ces derniers veulent commercialiser les surplus, à des prix parfois négatifs quand ils sont écoulés sur le marché.

S'il est toujours possible d'envisager des solutions techniques à ce problème de l'intermittence, celui des surcoûts est rarement abordé. D'un côté il est difficile à chiffrer (doublement du prix de l'électricité "brute"?), de l'autre c'est un sujet de polémiques à forte composante idéologique, et les promoteurs du PV espèrent que le caractère "vert" de cette électricité permettra de faire accepter par la population les surcoûts afférents.

 

L'étude complète est consultable et téléchargeable : http://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/etudes/production PV France.pdf


[1]  http://www.cgeiet.economie.gouv.fr/Rapports/2010_07_31_1_Rapport_Regulation_et_developpement_filiere_photovoltaique_en_france.pdf

[2]  Notamment (référence "RTE"):

       http://www.rte-france.com/uploads/Mediatheque_docs/vie_systeme/annuelles/EnR/Panorama_des_energies_renouvelables_1er_semestre_2013.pdf

[3]   http://www.sauvonsleclimat.org/graphiques-par-filieres-de-la-production-electrique-francaise-donnees-eco2mix/35-fparticles/1283-graphiques-par-filieres-de-la-production-electrique-francaise-donnees-eco2mix.html

[4]   http://pfbach.dk/ voir "international time series"

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