Les énergies en Inde

Michel Gama

Sauvons Le Climat publie la note rédigée par Michel Gama à son retour d'un périple en Inde.

Au cours du périple en Inde du Sud du 10 au 30 octobre 2013 du groupe piloté par Sylvie MAYER (Association Ap2E – Agir pour une Economie Equitable), j’ai particulièrement observé la production et l’utilisation des diverses ressources énergétiques : énergie humaine, énergie des animaux, énergie du bois et des déchets organiques, énergie solaire, énergie éolienne, énergie hydraulique, énergie des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) et énergie nucléaire.

A ces observations faites au cours des visites d’entreprises et au cours des déplacements, j’ajoute quelques informations tirées de la lecture des journaux en anglais « The Times of India » et « The Hindu » et du magazine d’Air India, lus au cours du voyage.

Ensuite, à ces observations forcément superficielles faites au cours de cette visite de la région Sud de l’Inde, j’ajoute des éléments tirés des données recueillies dans la « littérature » (CEA – Memento sur l’énergie ; Agence Internationale de l’Energie ; Ministry of New and Renewable Energy of India ; AEGE – association d’experts en intelligence économique ; etc…) pour les années 2009, 2010, 2011 et 2012. Enfin, je tente d’établir un bilan annuel global des énergies en Inde :

-        Energies primaires consommées, produites en Inde et importées, en Mtep (million de tonnes équivalent pétrole) : voir tableau 1.

-        Energies finales utilisées, en Mtep : voir tableau 2.

o    parts des diverses énergies primaires,

o    répartition par catégorie d’utilisations.

-        Electricité répartie par énergies primaires : voir tableau 3.

o   Puissance installée, en MW,

o   Production d’électricité en TWh.

Quelques ordres de grandeur

L’Inde est :

-        un pays dont la population est évaluée à 1 milliard 200 millions d’habitants, fédérant 27 états (comme l’Europe) constitués à partir d’environ 400 petits « royaumes »[1], après l’indépendance acquise en 1947 par rapport à La Grande Bretagne

-        avec environ 0,6 tep par habitant et un total d’environ 700 Mtep, le 4ème pays consommateur d’énergie primaire après la Chine (1,8 tep/hbt et 2400 Mtep), les Etats Unis (7,1 tep/hbt et 2200 Mtep), et la Russie (3,3 tep/hbt et 1000 Mtep),

-        avec environ 1,5 t de CO2 / an par habitant et un total de 1600 Mt de CO2 / an, le 3ème pays émetteur de gaz à effet de serre après la Chine (5,1 t de CO2 /hbt et 7000 Mt de CO2 / an) et les Etats Unis (17 t de CO2/hbt et 5300 Mt de CO2 / an).

-        un pays où on estime que 40 % de l'électricité est perdue ou volée avant d'arriver à destination, où environ un tiers de la population n’a pas accès à l’électricité, où la consommation d’électricité par habitant et par an est de 0,8 MWh , à comparer aux 6,3 MWh pour l‘Europe (7,8 MWh pour la France, 7,2 MWh pour l’Allemagne, 14,9 MWh pour la Suède, 2,4 MWh pour la Roumanie).

Rappel sur les unités de mesure :

Dans le système international de mesures MKS (mètre, kilogramme masse, seconde) :
Unité de force = 1 N (Newton) = 1 kg masse x 1m/s2,
Unité de travail (énergie) = 1 J (Joule) = 1 N x 1m,
Unités courantes : 1 Wh = (1 J / 1 s) x 3600 s = 3600 J
1 kWh = 3 600 000 J
1 MWh = 1000 kWh
1 TWh (térawattheure) = 1 000 000 MWh
1 tep (tonne équivalent pétrole) = 42 GJ (gigajoule) = 11,66 MWh (mégawattheure)
1 Mtep (million de tonnes équivalent pétrole) = 11,66 TWh
Unité de puissance = 1 W = 1 J / 1 s = 1 N x 1 m / 1 s = 1 kg masse x (1m)2 / s3
1 kW (kilowatt) = 1000 W – 1 MW (mégawatt) = 1 000 000 W
 1 ch (cheval vapeur) = 735,5 W

 

Energie humaine

La population de la république indienne est évaluée à 1 milliard 200 millions d’habitants, ce qui représente un potentiel énorme, près de trois fois la population de l’Europe entière. Quelques observations faites au cours de notre voyage :

-        Bidonville DHARAVI de 1 million d’habitants dans l’agglomération de Bombay (environ 30 millions d’habitants) : ateliers de tri et de transformation de déchets en matières premières pour d’autres entreprises, avec participation d’enfants de 8 à 15 ans au travail.

-        Coopérative SWACH (Solid WAste Collect and Handling) à Pune, regroupant environ 2500 ouvrières sur les 6000 qui gagnent leur vie en collectant et triant les déchets qu’elles remettent aux entreprises qui en assurent la transformation et le recyclage, dans cette ville.

-        Entreprise TATA Motors à Pune : 40 000 salariés, dont 28 000 employés à la fabrication des composants et à l’assemblage des véhicules (camions, autocars et voitures diverses) et 12 000 dans des activités de bureau d’étude et d’ingénierie (automatisation, robotique,…) : un complexe industriel qui n’a rien à envier aux usines européennes comparables.

-        A Bengalore, entreprises d’ingénierie aéronautique (AIRBUS) et d’analyse économique et financière (GENPACT), employant chacune plusieurs centaines de techniciens et ingénieurs.

-        A Valparai, entreprises de culture du thé et de sa transformation : nombreuse main d’œuvre féminine notamment pour la récolte manuelle des feuilles de thé.

-        Dans la région de Cochin, récolte et transformation de tous les constituants de la noix de coco (aliments, cordes,…), pécheurs utilisant des pirogues à rame,…

-        A Kumily, dans les monts des Cardamones, récolte manuelle des épices de toutes sortes.

-        A Madurai, à l’institut d’ophtalmologie ARAWIND, personnel nombreux de tous les niveaux de qualification, avec un équipement moderne, pour répondre à la forte demande de soins pour les diverses maladies des yeux.

-        La culture du riz emploie une main d’œuvre nombreuse, essentiellement des femmes pour le repiquage des jeunes plants de riz.

-        Les petits commerces omniprésents dans tous les villages et villes occupent également un personnel très nombreux. Aperçu un magasin AUCHAN à Bengalore….

-        Sur tout le parcours, nombreux ateliers artisanaux : par exemple, travail de la soie à Pune, fonderie de bronze et peinture d’art à Thanjavur, broderie à Madras (Chennai) dans une entreprise employant environ 200 salariés (essentiellement des hommes).

-        Pour les transports individuels, vélos et cyclopousse ont en grande partie cédé la place d’une part aux mobylettes, scooters et motos 125 cm3 et d’autre part aux « tchouk-tchouk » jaunes (sorte de « vespa » à 3 roues) appelés « autos » en Inde, sans compter les voitures particulières.

Remarque : On notera que deux formes d’énergie ne sont pas comptabilisées dans les diverses statistiques : l’énergie humaine et celle des animaux. Or, pour la première, si on estime à 100 Watt la puissance moyenne d’un être humain et le pourcentage d’actifs dans la population indienne à 50%, soit 600 millions, la puissance humaine « potentielle » de l’Inde est : 100 x 600 x 106 =60.109 W = 60 000 MW, soit 60 / 212 = 28% de la puissance électrique installée en Inde.

 

Energie des animaux

      Une mécanisation notable des travaux agricoles est engagée, mais l’utilisation des buffles pour le labourage des rizières et des zébus pour le transport des récoltes reste importante.

Bois et déchets organiques

      La ressource est énorme : on évalue à 500 millions de tonnes de déchets agricoles et organiques par an, équivalent à 175 Mtep. Parmi la population des campagnes, le bois est largement utilisé pour faire bouillir l’eau et cuire les aliments, malgré la concurrence des bouteilles de gaz.

      A Pune, visite d’une installation produisant du méthane à partir de déchets organiques (collectés dans des restaurants et cantines) : 5 tonnes de déchets transformés par jour en méthane et compost, par l’entreprise MAILHEM Engineers. Cette entreprise a installé environ 250 installations de ce type en Inde.

      Le programme du Ministère des Energies Nouvelles et Renouvelables (MENR) prévoit la construction d’installations de gazéification pour la production d’électricité (1000 MW) non raccordée aux grands réseaux et d’installations de cogénérations (1562 MW).

Pour les centrales électriques à biomasse, on note que la technologie d’AREVA Bioenergy India a été utilisée pour la construction de 10 unités de 10 MW en partenariat avec ASTONFIELD et l’équivalent de 110 MW en partenariat avec TPS.

 

Energie solaire

      Compte tenu du climat entre le 10ème et le 18ème degré de latitude Nord, peu de véritables chauffe-eau solaires sont installés : en effet, les réservoirs en plastique noir sur les toits semblent suffisants pour alimenter en eau chaude sanitaire.

      Quelques installations photovoltaïques, par exemple à Auroville près de Pondichéry.

      Pour l’Inde, la puissance installée est estimée à 125 MW en électricité photovoltaïque (1,1 million de m2 de panneaux solaires) pour l’électrification de zones rurales non raccordées aux réseaux et en chauffage thermique.

      Les objectifs gouvernementaux pour l’électricité photovoltaïque sont une puissance installée de 20 GW en 2022 et de 200 GW en 2050.

      L’industrie indienne, malgré des difficultés d’approvisionnement en silicium, produit des panneaux photovoltaïques et en exporte en Europe, aux Etats Unis, au Moyen Orient et en Australie.

      L’utilisation de la technologie AREVA d’énergie solaire à concentration est envisagée pour de nouvelles installations.

Energie éolienne

      Des éoliennes artisanales sont installées dans les rizières probablement pour actionner des pompes nécessaires à l’irrigation.

      Quelques groupes d’éoliennes industrielles aperçus dans la région de Coimbatore. Le plan 2011 de développement de cette énergie prévoyait une puissance installée de 10 000 MW (The Hindu - 27/10/13).

      L’Inde compterait 220 parcs éoliens pour 13 000 MW en 2010. Le potentiel global en puissance installée est estimé à 100 GW.

      Plusieurs entreprises fabriquent et installent des éoliennes :

-        SUZLON est la 5ème entreprise mondiale avec 10% du marché mondial. Elle est associée à l’entreprise autrichienne ELIN EBG Motoren pour les bagues collectrices de générateur et à l’entreprise belge HANSEN pour les boîtes de vitesse et transmissions. SUZLON a équipé un parc éolien de 584 MW dans le Tamil Nadu.

-        ENERCON India, filiale de l’entreprise allemande,

-        VESTAS India, filiale de l’entreprise danoise.

Pour des éoliennes installées en mer, AREVA WIND a répondu à des appels d’offre (en partenariat avec SUZLON ?).

Energie Hydraulique

     Le représentant de TATA Motors nous a indiqué que toutes les centrales électriques exploitées par le groupe TATA (470 000 salariés) étaient hydrauliques.

      A une puissance installée de 39 000 MW, le plan du gouvernement prévoit la construction d’usines hydroélectriques supplémentaires pour 50 000 MW d’ici à 2017. En particulier, des projets d’aménagement sur le Brahmapoutre pour 50300 MW créent quelques problèmes frontaliers avec la Chine.

      L’exploitation des usines hydroélectriques est répartie entre plusieurs entreprises dont les plus importantes sont :

-        NHPC – National Hydroelectric Power Corporation : 5526 MW en service et 4271 MW en construction,

-        THDC – TEHRI Hydro Development Corporation: 8790 MW en service et 5490 MW en construction,

-        NEEPC – North Eastern Electric Power Corporation.

Pour la fabrication  des équipements, BHARAT Heavy Electrical est la 12ème entreprise mondiale d’équipements énergétiques. ALSTOM fournit un tiers du marché indien en turbines et générateurs (pour environ 12000 MW) et notamment les équipements de la première centrale de pompage-turbinage (1000 MW)

 

Combustibles fossiles

Charbon

Le charbon représente environ 40% de l’énergie primaire utilisée en Inde. Ce pays est le 3ème producteur mondial avec 530 Mt / an, derrière la Chine et les Etats Unis. Mais, il doit importer environ 75 Mt de charbon par an pour satisfaire les besoins. Le charbon est utilisé en grande partie par les centrales électriques qui fournissent environ les deux tiers de l’électricité produite en Inde. Aux 55 centrales à charbon en service en 2007, le plan indien prévoit d’en ajouter une centaine d’ici 2020.

      L’exploitation du charbon est marquée par un scandale de corruption dans le processus d’adjudication par appel d’offres des lots de mines de charbon à diverses entreprises. Le premier ministre Manmohan SINGH (à la tête d’une coalition emmenée par le parti du Congrès) est concerné parce qu’il a été ministre du charbon dans les années 2004-2005. Ce scandale (exploité par les conservateurs hindouistes du BJP – Bharatiya Janata Party) a des conséquences à l’approche des prochaines élections du printemps 2014. (Times of India 17/10/2013).

      Des entreprises chinoises ont installé en Inde des centrales électriques utilisant le charbon pour une puissance de 60 000 MW (The Hindu 24/10/2013). Au Tamil Nadu, trois compagnies chinoises et une compagnie indienne répondent à un appel d’offres de TANGEDCO (Tamil Nadu Generation and Distribution Corporation) pour la construction d’une centrale thermique de 1 320 MW à Udangudi, dans le district de Tuticorin. De plus, le ministère de l’environnement et des forêts a donné son accord pour le Cheyyur Ultra Mega Power Project de 4 000 MW dans le district de Kancheepuram. Nous avons aperçu de loin le chantier d’une centrale thermique entre Thanjavur et Pondichery sur la côte de Coromandel.

      A la mi-octobre 2013, les dégâts occasionnés par le cyclone Phailin (900 000 habitants évacués) au réseau ferroviaire dans le district d’Odisha ont menacé l’approvisionnement en charbon de plusieurs centrales électriques dans les états d’Orissa et d’Andhra Pradesh, sur la côte du golfe du Bengale. Cela aurait pu aggraver les défaillances de l’alimentation en électricité déjà fortement perturbée par les dégâts sur le réseau de distribution électrique.

Pétrole et gaz naturel

L‘Inde importe environ 80% du pétrole qu’elle consomme (200 Mt / an). Ce pourcentage pourrait augmenter à 95% en 2030.

Elle dispose de la 6ème capacité de raffinage mondiale (160 Mt en 2010).

Pour le gaz, les importations couvrent environ 20% des besoins de l’Inde (60 Gm3 / an).

     La compagnie ONGC (Oil and Natural Gaz Corporation) se présente comme la 3ème compagnie mondiale pour l’exploration et la production de pétrole et de gaz, pour l’année 2012, fournissant de l’énergie à plus d’un milliard d’indiens. Son essor date de 1974 avec la découverte du colossal champ pétrolier « Bombay High » au large de Bombay dans la mer d’Arabie. Sa filiale OVL (ONGC Videsh Limited) a acquis des participations pour l’exploitation des hydrocarbures sur 32 sites dans 16 pays de 4 continents. Elle est présente dans toute la chaîne de l’industrie pétrolière avec des raffineries, des centrales électriques alimentées au gaz, mais aussi l’exploitation du gaz de charbon et du gaz de schiste. Enfin, elle diversifie ses activités dans l’énergie éolienne (une installation de 50 MW au Gujarat et une autre en projet de 102 MW au Rajasthan), dans l’énergie solaire thermique, l’industrie de l’uranium, la production d’hydrogène, la géothermie et l’énergie hydraulique. (article du magazine d’Air India d’octobre 2013).

Enfin, lors des récentes négociations entre le premier ministre indien Manmohan SINGH et le président russe Vladimir POUTINE, elle a marqué son intérêt pour coopérer avec l’industrie russe dans l’exploration des ressources en pétrole et gaz dans l’océan arctique suite à sa participation à l’exploitation du champ de Sakhaline avec Exxon et Rosneft. Des projets d’oléoduc et gazoduc (en traversant l’Afghanistan et le Pakistan), ainsi que le transport de gaz naturel liquéfié, de Russie vers l’Inde sont mis à l’étude (The Hindu – 22/10/2013). Il y a d’autres projets : Iran- Pakistan – Inde et Myanmar – Inde.

Pour l’importation de gaz liquéfié, des terminaux méthaniers ont été mis en service par :

-        GDF Suez / PETRONET : DAHEJ (au Gujarat) et COCHIN (au Kerala),

-        TOTAL / SHELL : HAZIRA (au Gujarat) et DABHOL.

Du point de vue utilisation, les transports collectifs et de marchandises, autobus et camions semblent dominants par rapport aux transports ferroviaires.

Les centrales électriques à gaz fournissent 12% de l’électricité.

 

Energie nucléaire de fission

L’Inde n’a pas signé le TNP (Traité de Non Prolifération des armes nucléaires). Aussi, depuis son 1er essai de bombe atomique en 1974, elle a été soumise à un embargo international sur tous les équipements nucléaires militaires et civils. En 2008, un accord de garanties entre l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et l’Inde a été conclu. Cela a permis à l’Inde de négocier des accords bilatéraux de coopération pour les applications civiles du nucléaire, avec la France (septembre 2008), les Etats Unis (décembre 2008) et la Russie (janvier 2009).

L’objectif du gouvernement indien est de produire 25% de l’électricité par des centrales nucléaires en 2050, ce qui nécessite la construction d’une puissance installée de 63000 MW, dont 40000 importés. Il faut noter que l’Inde ne s’est pas encore dotée d’une Autorité de Sûreté Nucléaire indépendante.

Une série d’accords entre l’entreprise NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) et différents fournisseurs d’équipements et matériaux nucléaires ont été signés :

-        AREVA (12/2008) : fourniture de 300 t d’uranium,

-        Mémorandums de coopération avec General Electric / HITACHI, Westinghouse / TOSHIBA et KEPCO,

-        AREVA (2009) : offre pour 2 réacteurs EPR – 1650 MW avec option pour 4 autres, à construire  à Jaïtapur (côte du Maharashtra). L’Inde attend le retour d’expérience des chantiers EPR de Finlande, France et Chine pour passer le contrat.

-        Dans le cadre de l’accord Inde – Russie, la première unité VVER 1000 MW de la centrale électronucléaire de Kudankulam, dans l’état du Tamil Nadu, a été synchronisée au réseau électrique régional Sud à la puissance de 160 MWe, le 22 octobre 2013, dans le cadre de ses essais de démarrage. Par une montée par paliers de puissance, elle devrait atteindre son régime nominal de 1000 MWe avant la fin de l’année. La deuxième unité en fin de construction sera mise en exploitation en 2014. (The Hindu – 23/10/2013)

De plus, au cours de la récente rencontre au sommet Inde-Russie, le contrat concernant les unités 3 et 4 de cette centrale a été finalisé, dans le cadre de l’accord de 2010 entre les deux pays qui prévoit la construction de 14 à 16 réacteurs en Inde. (The Hindu – 20/10/2013), dont 4 sont prévus à Haripur (Ouest du Bengale).

Pour la puissance électronucléaire installée, la mise en service industriel de la première unité de Kudankulam place l’état du Tamil Nadu à la première place des états de l’Inde avec une puissance de 1440 MWe, devant la Maharashtra (1400 MW), le Rajasthan (1180 MW), le Karnataka (880 MW) et l’Uttar Pradesh (880 MW). Cela porte la puissance électronucléaire totale de l’Inde à 5780 MW. (The Times of India – 23/10/2013). Les 19 autres réacteurs du parc sont 17 réacteurs de technologie dérivée des réacteurs canadiens CANDU à eau lourde, d’une puissance moyenne d’environ 200 MW chacun et 2 réacteurs à eau bouillante de 500 MW chacun de technologie dérivée de la licence américaine General Electric.

Au cours de notre voyage, nous avons aperçu de loin :

-        A Bombay, le centre de recherche atomique du DAE ( Department of Atomic Energy) situé de l’autre côté de la baie, depuis la colline de l’île d’Elefanta lors de la visite des célèbres  temples cavernes.

-        Au sud de Madras, depuis la route de Pondichery à Madras, le centre de Kalpakam (Indira GANDHI Centre for Atomic Research) avec ses deux réacteurs CANDU, son usine de traitement des combustibles usés, son réacteur expérimental à neutrons rapides FBTR (Fast Breeder Test Reactor) fonctionnant depuis 27 ans et le chantier du PFBR (Power Fast Breeder Reactor), prototype 500 MWe de réacteur à neutrons rapides (dit de 4ème génération) qui devrait être mis en service en 2014 (conférence sur les réacteurs à neutrons rapides à Paris au printemps 2013). Ce site côtier a été affecté par le Tsunami de 2004 venant de l’île de Sumatra : en conséquence, il a fait l’objet de gros travaux de modifications pour le mettre en situation sûre même en cas d’événements extrêmes. La suffisance de ces modifications a été réexaminée dans le cadre des revues de sûreté post-Fukushima.

 

 

Bilan des énergies de la République Indienne

 

Tableau 1 - Energies primaires consommées

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Tableau 2 - Energie finale utilisée

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Tableau 3 - Electricité : Puissance installée et production annuelle

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[1]  Plus une sorte de governorat regroupant les anciens comptoirs français (Chandernagor, Karikal, Mahé et Yanaon) autour du comptoir  principal Pondichery, placé sous la tutelle direct du gouvernement central de DEHLI, depuis leur cession à l’Inde  par la France en 1954.

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