Transition énergétique : "Le cave se rebiffe" !

Michel Gay - 20 mai 2013

La production d'énergie d'un pays est une chose sérieuse. Elle est un des piliers qui détermine le mode de vie d'une société. Sans une production d'énergie abondante et bon marché, les civilisations modernes s'écrouleraient d'elles-mêmes. C'est probablement ce que cherchent les "décroissants", altermondialistes et autres rêveurs dangereux adeptes d'une certaine "écologie" du retour à un passé idéalisé.

Le procédé est simple. Il faut détruire ce qui fonctionne, notamment le nucléaire, pour le remplacer par des moyens qui conduisent à des impasses techniques et économiques comme, par exemple, l'éolien et le solaire photovoltaïque. La société moderne de consommation "capitaliste" n'y résistera pas et implosera de l'intérieur. Le but recherché sera atteint.

La production électrique de nos centrales nucléaires sans émission de CO2 est pourtant une énergie durable. La France possède déjà  plus de 3000 ans de combustible sur son sol pour les centrales nucléaires de quatrième génération en préparation. Ces réacteurs dits "surgénérateurs" pourront faciliter grandement la transition énergétique en évitant durablement d'importer et de consommer des énergies fossiles… si c'est bien uniquement ce que l'on veut.

Ne pouvant me résigner à laisser la désinformation systématique par le mensonge et le marketing vert "de bon aloi" se pavaner sur presque tous les médias, j'ai choisi de m'indigner ouvertement en utilisant les possibilités offertes par la démocratie.

En effet, au-delà du débat sur la transition énergétique, on nous propose un changement de société fondé sur des restrictions obligatoires et orchestrées au plus haut niveau.

Des reportages mensongers jouant sur l'émotionnel doivent nous faire peur (le langage politiquement correct dit "arriver à une prise de conscience") puis, ensuite, des règlements et des lois  seront imposés "naturellement" pour organiser le rationnement.

Ainsi, la réglementation technique 2012 (RT 2012) issue du Grenelle de l'environnement a insidieusement banni le chauffage électrique des nouvelles constructions. Pourtant, cette électricité est fournie à plus de 75% en France par des moyens nationaux sans émissions de CO2 (barrages et nucléaire), même en hiver. En revanche, vous pouvez sans restriction vous chauffer au gaz importé de Russie, de Lybie et du Moyen-Orient, .… ou monter vos bûches ou granules de bois au cinquième étage pour alimenter votre chaudière à bois dans votre appartement.

On nous impose de fabriquer (et donc de vendre et d'acheter) uniquement des lampes "basse consommation" qui éclairent après deux minutes de fonctionnement. Elles coûtent nettement plus cher à l'achat et leur cycle de vie est surévalué par des publicités mensongères. Pourtant, l'éclairage des ménages ne représente presque rien dans leur consommation comparé à la consommation quotidienne des réfrigérateur, congélateur, four, lave-linge, chauffage, TV, ordinateur, cafetières…

Ce ne serait là que des "amuse-gueules" si aujourd'hui le débat national sur la transition énergétique n'avait pas l'ambition de faire cautionner ces inutiles et coûteuses contraintes idéologiques (politiquement correct = efficacité et sobriété) par une mascarade de débat national dont les conclusions sont déjà "écrites dans le marbre" (Discussion de la FED avec  le Directeur de cabinet de la Ministre de l'écologie en janvier 2013).

L'objectif de ce débat, issu de l'accord de mandature EELV / PS[2], est de sabrer 24 centrales nucléaires à l'horizon 2025 (détruire ce qui fonctionne) et de les remplacer partiellement par de l'éolien et du photovoltaïque (PV), tous les deux intermittents et plus chers. Le PV, notamment, est quatre à cinq fois plus cher, improductif par nature le soir (un des moments où la consommation d'électricité est la plus importante) ainsi que la nuit, et de production faible par mauvais temps, surtout en hiver.

On peut remarquer qu'on ne sait pas stocker de grandes quantités d'électricité au niveau du besoin d'une nation ne serait-ce que quelques heures et encore moins pour une semaine de vent et de lumière faibles. Il faudrait multiplier par 25 les capacités des stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) existantes en France et en Europe alors que les sites favorables sont déjà saturés.

Au-delà de ce débat sur la transition énergétique, c'est bien vers un changement de société fondé sur le rationnement et la limitation imposée des déplacements que certains idéologues veulent instaurer, sans l'avouer, par la contrainte réglementaire.

On veut nous imposer de consommer moins d'énergie parce que des militants "verts" souhaitent restreindre voire éliminer "le nucléaire".

Dans les années 1960, des hippies sont allés vivre une vie frugale et de bohème "sobre" dans l'Ardèche: très bien. Quelques uns sont ensuite devenus des chefs d'entreprises : très bien. Chacun mène sa vie comme il veut, quand il le peut. Mais qu'on veuille aujourd'hui m'entrainer par la loi et par la contrainte morale à partager cet "idéal" de sobriété et de frugalité alors qu'on peut faire autrement, alors non ! Je refuse !

En tant que citoyen, contribuable et consommateur français je m'indigne de la manière dont certains élus nous conduisent vers cette dérive insidieuse et je m'insurge devant un tel projet de dictature larvée, fut-elle "verte".

Dit autrement : "le cave se rebiffe ! "

                                                                                             

                                                                                              Michel Gay

                                                           Citoyen, contribuable et consommateur français.

 


[1] Le cave se rebiffe est le titre d'un film réalisé par Gilles Grangier et dialogué par Michel Audiard en 1961.

[2]Extrait de l'accord de mandature EELV / PS :

Nous réduirons la part du nucléaire dans la production électrique de 75% aujourd’hui à 50% en 2025 et engagerons :

- Un plan d’évolution du parc nucléaire existant prévoyant la réduction d’un tiers de la puissance nucléaire installée par la fermeture progressive de 24 réacteurs, en commençant par l’arrêt immédiat de Fessenheim et ensuite des installations les plus vulnérables, par leur situation en zone sismique ou d’inondation, leur ancienneté et le coût des travaux nécessaires pour assurer la sécurité maximale. Cette évolution intégrera les évaluations de l’ASN et de l’IRSN ainsi que le nécessaire équilibre offre-demande.

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