Climat : Oser le nucléaire !

Oser le nucléaire pour trouver la solution au problème climatique !

Résumé

L’étude commence par résumer les scénarios de référence du GIEC permettant de limiter l’augmentation de température globale à 2 degrés (RCP 2,6) et qui, pour ce faire, font appel à un stockage massif de CO2 après captage pouvant atteindre 50 milliards de tonnes par an en 2100.
Deux catégories de scénarios ont été proposées pour respecter des trajectoires RCP 2,6, la catégorie IMAGE, pilotée par le « Netherlands Environmental Assessment Agency », et la catégorie MESSAGE pilotée par le « International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), Austria ».
Seuls les scénarios de la catégorie MESSAGE limitent le stockage de CO2 à 24 milliards de tonnes grâce à un développement massif de la production d’électricité nucléaire entre 2060 et 2100, ou à une réduction drastique de la consommation énergétique. Chaque catégorie comporte trois scénarios : un scénario dénommé « Supply » autorisant une forte consommation d’énergie, un scénario dénommé « Efficiency » qui est aussi un scénario de sortie du nucléaire au prix d’une diminution de 45% de la consommation énergétique par rapport au « Supply » et un scénario intermédiaire dénommé « MIX ». Tous les scénarios comportent une très forte contribution du solaire et une forte contribution de la biomasse. Dans le scénario maximisant la consommation énergétique 7000 réacteurs de 1 GWe sont construits entre 2060 et 2100. L’étude montre que l’utilisation massive de réacteurs surgénérateurs serait compatible avec ce scénario, et ce, à condition que soit diminuée la durée de retraitement ou (et) que soit augmentée la proportion de réacteurs à eau lourde dans le parc de réacteurs classiques.
Les conditions techniques d’un tel développement étant d’ores et déjà réunies – ce qui n’est pas le cas pour la mise en place du captage stockage - l’étude suggère de ne pas attendre 2050, comme le proposent les scénarios de l’IIASA, pour démarrer un développement rapide du parc mondial de réacteurs mais de le faire dès 2020.
L’étude propose des variantes « nucléarisées » des scénarios « Supply » et « MIX », en amorçant le fort développement du nucléaire dès 2020 plutôt que 2060, et en assurant jusqu’à 60% de la consommation énergétique par le nucléaire. Il est alors possible de réduire considérablement
l’inconnue actuellement représentée par le stockage de CO2, puisqu’il deviendrait possible de stabiliser la concentration de ce dernier dans l’atmosphère sans recourir à cette technique et qu’il serait également possible de contenir la puissance des énergies renouvelables intermittentes dans le domaine du réalisme.
La renonciation au nucléaire (scénario Efficiency) se traduit par une réduction de la consommation d’énergie de plus de 40% par rapport au Scénario Supply, sans supprimer la nécessité d’un stockage de 15 milliards de tonnes de CO2, ni stabiliser la concentration de ce dernier dans l’atmosphère avant 2100.
Un fort développement du nucléaire permet de maintenir la consommation d’énergie à un niveau raisonnable, de stabiliser la concentration de CO2 dès 2060, de réduire considérablement sinon de supprimer les besoins de stockage de CO2, de supprimer complètement le recours aux combustibles fossiles plusieurs décénies avant la fin du siècle.

 

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