Le nucléaire : une solution durable

Sauvons Le Climat, le Lundi 28 septembre 2015

Le nucléaire : une solution durable

Des organismes internationaux comme le GIEC[1], ou l'IAE[2], des ONG comme Sauvons Le Climat, proposent d'utiliser le nucléaire comme contributeur majeur à la limitation du réchauffement climatique. Ces propositions sont fréquemment la cible d'objections. Pourtant l'idée, simple à énoncer, un peu moins simple en chiffres et encore moins simple à réaliser, est cependant très sérieuse et du domaine du possible comme l'explique Hervé Nifenecker[3] :

  • la filière de réacteurs nucléaires civils à eau pressurisée (REP), pour la production d'électricité, a prouvé sa fiabilité et sa rentabilité. Le seul accident majeur connu (Three Mile Island en 1979) et les multiples incidents mineurs, n'ont eu aucun impact grave, ni sur la santé, ni sur l'environnement, ni sur la rentabilité économique. Ils ont au contraire conduit à des améliorations, des normes anti-pollution plus sévères et un accroissement considérable de la sécurité de l'ensemble du parc nucléaire REP.
  • un REP de 900MW consomme chaque année 175 tonnes d'uranium naturel pour produire 7 milliards de kWh) d’électricité, soit 1,8 million de tep[4].
  • les ressources prouvées ou très probables d'uranium[5] à 130 $ le kg sont estimées à 4743 millions de tonnes, ce qui correspond à 48,85 milliards de tep dans des REP, soit moins d'un siècle d'autonomie au rythme actuel de consommation.
  • l'exploitation de l'uranium contenu dans les résidus d'exploitation des carrières de phosphates (environ 2.2 millions de tonnes d'uranium soit 22.6 milliards de tep) ne changerait pas fondamentalement le problème, mais représente  une diversification d'approvisionnement importante pour certains pays comme le Maroc ou la Tunisie, qui ne sont pas actuellement producteurs d'uranium.

Le nucléaire : énergie durable

Avec les techniques de recyclage et surgénération du combustible nucléaire, les réserves actuelles en uranium appauvri représentent 5000 ans de consommation au rythme actuel. Mais pour atteindre les objectifs de limitation à 2 degrés du réchauffement climatique, il faudrait décupler la production d'électricité nucléaire. On pourrait alors extraire de façon rentable l'uranium des océans[6]. En supposant que l'on construise environ 6000 réacteurs d'ici 2050, il y aurait actuellement dans les océans au moins 10000 ans de réserve... or, à cette échelle de temps, l'apport d'uranium provenant des fleuves assure une concentration d'uranium constante dans les océans. La fission nucléaire deviendrait une énergie renouvelable et durable, à l'instar de ce qui est imaginé avec la fusion nucléaire. Mais l'avantage de la fission est simple : la technologie est disponible « sur étagère » et de nombreux prototypes ont permis de passer à l'échelle industrielle. Des travaux de recherche appliquée et d'industrialisation des procédés sont bien entendu utiles pour optimiser la production industrielle d'électricité et de chaleur à partir d'énergie nucléaire durable, mais on est bien loin du scénario « fission = énergie de transition » qui s'est imposé de manière superficielle sur la scène politique et la sphère médiatique ! L'ouvrage déjà cité d'Hervé Nifenecker décrivait la montée en charge du cycle U-Pu dans l'hypothèse où un programme mondial de transition vers la surgénération aurait été lancé en 2010[7]. Avec un décalage de 10 ans pour un lancement possible en 2020 cela donnerait :

  • parc transitoire REP+EPR: plateau à 2000 GWe[8] de 2035 à 2060 ;
  • parc permanent de réacteurs à neutrons rapides (RNR) : une montée en charge de 2035 à 2040, puis une croissance linéaire de 2040 à 2080 pour atteindre 2000 GWe en 2045, 4000 GWe en 2050, 8000 GWe en 2065 et 16000 GWe en 2100.

Le nucléaire : énergie propre

Avec les techniques de recyclage et surgénération du combustible nucléaire, il est possible de réduire considérablement le volume, la radioactivité et la durée de toxicité des produits de fission non recyclables, les fameux déchets nucléaires. Le volume de déchets de haute activité qui serait produit par un parc de 10000 RNR n'excéderait pas celui qui sera nécessaire avec la production de 500 REP.

 

Sauvons Le Climat

 

 



[1]GIEC : Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat, www.ipcc.ch

[2]IAE : International Energy Agency, www.iae.org

[3]Hervé Nifenecker : « Le nucléaire, un choix raisonnable ? », EDP Sciences, 2011

[4]TEP = tonne équivalent pétrole

[5]Coût d'obtention du kg d'uranium sous forme d'oxyde U3O8

[6]La dernière expérience d'extraction de l'uranium de l'eau de mer, en 2013, a permis de passer en-dessous de 1000 $ le kg d'uranium, ce qui n'aurait qu'une incidence minime sur le coût du kWh produit. Le flux des fleuves vers l'océan est estimé à environ 20 000 tonnes par an : il s'agit bien d'une énergie renouvelable

[7]Cf figure 8.2 du livre d’Hervé Nifeneckerdéjà cité

[8]1 GWe = 1 gigawatt électrique = 1 million de kW électriques = 1 milliard de watts électriques

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