Décarboner le bâtiment (compte-rendu)

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Décarboner le bâtiment

Etienne Siccardi
Ingénieur en charge du patrimoine Universitaire

Pour l’année 2012, le bâtiment représente 44% des consommations de l’’énergie finale consommée  en France, suivi du secteur des transports (32%), de l’industrie (21%) et de l’agriculture (3%) ; ce secteur par contre n’émet que  24 % des GES.

Le parc actuel  est constitué de 30 millions de logements dont les 2/3 sont antérieurs à 1975. Le taux de renouvellement est très faible (environ 1%) ce qui implique un effort particulier sur le secteur de la rénovation. L’exigence sur la performance énergétique des bâtiments n’a cessé de se renforcer depuis 1975 date de la première réglementation thermique, à l’époque les bâtiments consommaient en moyenne  de 400 kWh/m2. La dernière réglementation de  RT 2012 issue du Grenelle de l’environnement fait un saut qualitatif et quantitatif très important puisqu’elle impose une consommation maximale de à 50 kWh/m2

  Etienne Siccardi : « Le Grenelle de l’environnement prévoit  d’appliquer la norme « bâtiment basse consommation » (moins de 50 kWh/m2/an)  en énergie primaire à toutes les nouvelles constructions à la fin 2012 et de réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments anciens de 38% d’ici 2020. Actuellement nous rénovons 200 000 logements par an, alors qu’il était prévu d’en rénover le double dès 2013. Un plan particulier est prévu pour les 800 000 logements sociaux dont la consommation annuelle d’énergie est supérieure à 230kWh d’énergie primaire. »

La réglementation thermique 2012 impose trois contraintes:

·       l’efficacité énergétique du bâti Bbiomax, ceci signifie que la construction doit être performante  indépendamment des moyens de chauffage et de la climatisation. Le bâti doit être bien isolé et bien orienté.

·        Un niveau de consommation maximum Cepmax, 50 kWh d’énergie primaire par m² pour les 5 usages : chauffage,  production d’eau chaude sanitaire,  climatisation, éclairage et  auxiliaires (ventilateurs, pompes). L’énergie primaire est la consommation nécessaire à la production de cette énergie finale. L’électricité est affectée d’un coefficient de 2,58 et les autres sources d’énergie d’un coefficient de 1

·        Une température intérieure de confort   TICC : température maximale l’été qui ne doit pas être dépassée pendant plus de 5 jours consécutifs : 26 °C

 

Etienne Siccardi : «  la RT 2012 présente un objectif de réduction des consommations ambitieux puisqu’il faut atteindre 50kWh/m² ; sachant par exemple que pour une piscine, le fait d’avoir simplement un circulateur qui brasse l’eau et qui fonctionne 3000 heures par an, à raison de 14h par jour les mois d’été, représente 4000 kWh soit les ¾ d’une consommation d’un bâtiment de 100m² ; que le renouvellement d’air hygiénique d’une maison sans double flux est aux alentours de 20kWh/m². »

Compte-tenu de la complexité des technologies à mettre en œuvre (ventilation double flux, étanchéité à l’air, mise en place de compteurs sur tous les usages, ) le gain énergétique sur ces bâtiments est en partie consommé par le surcoût d’entretien; systèmes électroniques fragile est couteux à remplacer

De plus la RT 2012 peut être en contradiction avec les objectifs du Grenelle de l’environnement car elle n’impose aucun objectif en matière de réduction de GES

Auparavant dans le résidentiel on avait 70% de chauffage électrique et 30% de gaz. Aujourd’hui le rapport s’est inversé, on a 70% de gaz et30 % d’électricité or comme en France, l’électricité est largement décarbonée ; cette substitution va faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre.

Etienne Siccardi : « Actuellement, dans nos bâtiments 2012, la consommation réelle est plus proche de 100 kWh/m² que de 50 ; bien que ce soit un progrès, le principal reproche est la non prise en compte des gaz à effet de serre ».

Anne-Marie Goube

 

 

 

 

 

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