Transports et émissions de CO2 (compte-rendu)

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Transports et émissions de CO2

Luis Le Moyne
Directeur de l’ISAT  et vice président de Bourgogne Mobilité Electrique

Les transports représentent 30% de la consommation énergétique en France. Pour réduire les émissions de CO2 il faut travailler en même temps sur  les trois domaines suivants : l’usager, le véhicule et les infrastructures.

En France la moyenne des trajets sont faits sur des distances de moins de 50 km. Ces parcours n’ont pas besoin d’un véhicule ayant une autonomie de 1000 km. 95% des usages se font sur des parcours de l’ordre de 15 à 20 km. 55% des actifs en emploi et étudiants  parcourent moins de 5 km pour se rendre sur leur lieu d’activité. Ils émettent 16% du CO2 émis par l’ensemble des déplacements pendulaires. Les trajets plus longs 50 à 200km concernent essentiellement les poids lourds.

Luis Le Moyne : «  Nous achetons des véhicules qui ont des caractéristiques sans rapport avec les usages. On demande à la fois à notre véhicule une faible empreinte écologique mais des performances pour pouvoir doubler un véhicule gênant, emmener toute la famille en vacances ou transporter des matériaux pour bricoler dans sa maison…etc. »

Pour réduire nos émissions de CO2, nous avons besoin d’efficacité énergétique. Or avec le moteur thermique on perd entre 60 et 75% de l’énergie ; les pertes sur l’ensemble du véhicule sont sur les suivantes :

 

% en ville

% sur route

moteur

62,4

69,2

transmission

5,6

5,4

Phases d’attentes

17,2

3,6

roues

12,6

20,2

aérodynamisme

2,6

10,9

freinage

5,6

2,2

 

Le bilan est assez catastrophique, on utilise seulement 10% de l’énergie que l’on achète, nous sommes victimes du faible coût et de la disponibilité du pétrole. Cela nous a mal habitués, puisque en quelques secondes à la pompe on obtient de quoi faire 25 km ; pour obtenir la même quantité d’énergie de  40MJ, il faut cultiver 2m2 de betterave à sucre pendant 1 an, ou exposer 1m2de panneaux solaires pendant 1 mois  ou la production d’une éolienne à plein rendement pendant 1 jour, 1h30 d’électricité domestique ou la chute de 40m3 d’eau d’un barrage de 100 m de haut ou 100mg d’uranium naturel.

 Il faut passer à autre chose. Les biocombustibles ont un bilan un peu plus favorable mais ils viennent en concurrence avec les produits alimentaires du moins pour la première génération. Nous en sommes à la deuxième génération qui utilise la tige de la plante et non la graine, la 3ème génération est à l’horizon 2030.

On peut travailler sur de nouvelles motorisations, électrifier le véhicule de façon à supprimer les phases d’attente, réduire le poids … tout ce qui est électrification peut améliorer. On peut économiser sur un poids lourd 26% de combustible avec un aérodynamisme amélioré mais on est limité par les difficultés dans les opérations de chargement/déchargement que cela amènerait.

Luis Le Moyne : « En France le véhicule électrique a un sens parce que la production d’électricité est sans CO2 il y a des pays où c’est une aberration, nous ne ferions pas la promotion en Inde, en Afrique du Sud, en Australie, en Indonésie ou en Chine par exemple»

Anne-Marie Goube

 

 

 

 

 

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