Treize et deux contes de fées sur le tournant énergétique allemand

N°9 Le conte de l'électricité éolienne : "Le parc éolien XY peut alimenter Z-mille ménages" 

Une telle affirmation fait régulièrement partie des communiqués de presse au sujet de tout élargissement de parc d'éoliennes.

En réalité,  même le plus grand parc d'éoliennes ne peut alimenter de manière sûre et fiable un seul ménage avec du courant électrique. Ceci vient de la disponibilité du vent dont l'imprévisibilité et l'extrême variabilité sont bien connues et qui cause l'arrêt des éoliennes pendant des heures voire des jours à l'occasion des situations anticycloniques bien connues en été comme en hiver. Ceci signifierait des coupures de courant mortelles pour l'industrie.

Si on regarde la représentation graphique de la production d'électricité éolienne sur un an, par exemple 2010, on voit tout de suite  en observant  ces soubresauts erratiques de la production d'électricité, à quel point une telle manière d'obtenir de l'énergie est inadaptée pour l'alimentation d'un pays industriel. (A ce sujet, voir les documents du Professeur H Alt à l'institut universitaire d'Aix-La-Chapelle)

Ces oscillations extrêmes ont des causes physiques et la politique n'y peut rien. La puissance d'une installation utilisant l'énergie du vent croît et décroît comme le cube de la vitesse du vent. Ainsi, si la vitesse du vent chute à la moitié de la vitesse maximale admissible, celle pour laquelle l'éolienne  délivre sa puissance maximale (c'est toujours cette puissance-là qu'on mentionne), alors la puissance délivrée par l'éolienne décroît à son huitième, donc de 12,5%. Quand il y a encore moins de vent, qu'on considérerait néanmoins encore comme un vent fort, il n'y a pratiquement plus de courant produit. C'est pourquoi ces machines ne produisent une puissance digne de ce nom que par les vents assez forts – et se déconnectent brusquement quand la puissance du vent dépasse la valeur maximale admise. C'est alors le cauchemar des opérateurs du réseau car un coup de vent soudain peut provoquer l'arrêt de centaines d'éoliennes qui délivraient leur puissance maximale. On ne peut pas démarrer une centrale de réserve aussi vite que ça.

Comme les défenseurs des énergies renouvelables aiment bien brandir l'argument du nombre de centrales nucléaires (ils ne mentionnent que les centrales nucléaires) que l'on peut remplacer par des éoliennes, la simple analyse du graphique de l'électricité éolienne de l'année permet de constater combien de jours l'ensemble des éoliennes allemandes (il y en avait 21 607 à la fin 2010) a produit au moins ce qu'une seule centrale nucléaire produit par jour.

Déjà, à la mi 2010, la "puissance installée" (celle que pourraient produire les éoliennes si elles recevaient tous la puissance maximale du vent qu'elle peuvent supporter) atteignait la valeur énorme de 26 387 MW !. Donc ça ne devrait pas être un problème de remplacer complètement (c'est-à-dire continuellement et de manière fiable toute l'année) un grand nombre de centrales conventionnelles.

Ce n'est qu'un conte de fée écologique. Car la réalité est déprimante.

Au cours de l'année 2010, pendant 13% des jours, la puissance injectée dans le réseau par l'ensemble des éoliennes n'a même pas atteint la puissance de 1 400 MW d'une seule centrale nucléaire.

C'était encore plus désolant si ces éoliennes devaient remplacer deux de ces centrales de 1 400 MW : c’est 34% des jours où elles n'y arrivaient pas. Et si elles avaient dû remplacer trois de ces centrales de production de base, l'ensemble de la production éolienne allemande n'y parvenait pas 46% des jours.

C'est pour cette raison qu' aucune centrale électrique conventionnelle n'a pu être remplacée, donc déconnectée, malgré les milliards des taxes obligatoires (loi EEG) payées par les clients et qui ont subventionné l'augmentation du parc.

Le seul véritable avantage des éoliennes est l'économie du combustible réalisée par les centrales ayant réduit momentanément leur puissance. L'énorme désavantage est la capacité de production électrique installée en doublon, ce qui pousse le coût du courant vers le haut.

Il n'y a pas de moyens de stockage de l'énergie électrique supplémentaire qui pourraient stabiliser le réseau  et il n'y en aura pas non plus en vingt ans (voir le conte des nouveaux moyens de stockage de l'énergie et celui des voitures électriques).

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