NEGATEP de SLC: l'éco-cohérence des choix énergétiques

Le scénario NEGATEP de Claude Acket et Pierrre Bacher
actualisé en juin 2014 :

Diviser par quatre les rejets de CO2 dus à l’énergie

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et son

Analyse financière

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Sauvons Le Climat a tenu sa 7 ème université d'été à Bordeaux, 2 - 4 octobre 2014 

Le devenir du climat : pourquoi agir ? 

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Le Conseil scientifique de Sauvons Le Climat
a élaboré des fiches explicitant les caractéristiques,
les atouts et les inconvénients des diverses sources d'énergie.
Pour les consulter, aller dans Notre expertise, puis Fiches énergies
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Treize et deux contes de fées sur le tournant énergétique allemand

N°12 Le conte du bénéfice de la décentralisation

Depuis longtemps est propagée la vision d'innombrables petits producteurs de courant dans les habitations comme structure idéale pour l'alimentation électrique dans notre pays, comme contre-modèle à la grosse technologie, toujours méchante – on fait avant tout allusion aux centrales conventionnelles.. La solution technique est toujours la même : un moteur diesel ou à gaz actionne une petite génératrice et la chaleur à évacuer peut chauffer l'habitation en hiver. Dans un tel réseau décentralisé, le nombre élevé de producteurs assure une fiabilité de fourniture semblable à celle de notre réseau actuel raccordé à des centrales nombreuses, cependant bien plus grandes en général.

Si nous vivions dans un pays avec une infrastructure pitoyable et une fourniture d'électricité caractérisée par de nombreuses coupures, un tel système décentralisé serait inévitable. Chaque entreprise et presque chaque habitation devrait posséder un tel équipement de production d'électricité, comme nous en connaissons seulement comme alimentation de secours auprès des utilisateurs extrêmement dépendants de courant : les hôpitaux, les centres de calcul, les aéroports, les centraux téléphoniques, la police et les pompiers.

Heureusement, nous ne vivons pas dans un pays aussi mal loti. C'est pour cela que l'argument d'une fiabilité augmentée d'un tel système décentralisé ne porte pas - et c'est pourtant son seul aspect positif.

De nombreux aspects négatifs apparaissent si on considère les inconvénients :

Ø  un tel réseau électrique bâti sur la présence de nombreux petits producteurs nécessite des source d'énergie à 100% chimiques : gaz naturel (également du biogaz raffiné), essence ou gazole (éventuellement avec du biocarburant). En réalité, ce sera le gaz naturel qui sera de loin le carburant le plus utilisé. Ainsi, le fonctionnement de telles petites unités est déterminé par le prix du pétrole et du gaz naturel - et dépend à au moins à 95% des importations. Les prix sont fixés par le marché spot du pétrole et par Gazprom.

Ø  Ce système alimenté par des énergies fossiles produit bien plus de CO2 que le système des centrales nucléaires sans CO2 ou que les centrales au gaz ou au charbon modernes avec leurs rendements bien plus élevés que les petits moteurs diesel ou au gaz . Cela signifie que le réseau décentralisé produit bien plus de CO2 que le réseau actuel.

Ø  A côté des coûts de carburant élevés, les coûts d'investissement sensiblement plus  élevés pour les petites unités - évalués en euros par kW électrique disponible - jouent également un rôle.

Pour remplacer une centrale au charbon de 1000 MW, il faudrait environ 330 000 petites unités à 3 kW. Le coût d'une telle petite unité est entre 8000 et 22 000 €, ce qui revient à 3 700 à 7 500 €/kW (Mikro-BHKW comparaison, www.sanevo.de/).

En comparaison, les coûts d'investissement d'une centrale au charbon sont entre 1 140 et 1 480 €/kW.

En résumé :

Ø  Un réseau national dominé par des petites unités de production serait considérablement plus cher qu'un réseau alimenté par des centrales au charbon. S'y ajoutent les coûts du renforcement nécessaire des réseaux de moyenne et basse tension.

Ø  Les carburants importés sont considérablement plus chers que le lignite allemand ou l'uranium (exemple : la quote-part des coûts d'uranium d'une kWh nucléaire est de 27% si la centrale est amortie et de 8,1% pour une centrale neuve ; la quote-part des coûts du gaz naturel pour les centrales au gaz de 74%).

Ø  C'est la cause d'une augmentation considérable du coût du courant avec un réseau décentralisé.

Ø  L'émission de CO2 serait considérablement augmentée.

Ø  En ce qui concerne la fiabilité, la production de courant décentralisée n'aurait aucun avantage par rapport au système actuel.

Le système de production décentralisée de courant n'a donc pas d'avantage mais souffre de plusieurs défauts considérables.

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